Modes de Garde

Votre commune doit avoir un relais petite enfance depuis janvier

Équipe asma··5 min de lecture
Atelier collectif dans un relais petite enfance, professionnelles et jeunes enfants autour de jeux d'éveil

Quand je demande à un parent employeur s'il est allé voir le relais petite enfance de sa commune, la réponse est presque toujours la même : « le quoi ? ». Quand je pose la question à une assistante maternelle, c'est souvent : « j'y suis allée une fois, il y a huit ans ».

C'est dommage, parce que c'est gratuit, que c'est fait exactement pour vous deux, et que depuis le 1er janvier 2026, une bonne partie des communes n'a plus le choix : elles doivent en avoir un.

Ce que la loi impose depuis janvier

La loi pour le plein emploi de décembre 2023 a fait des communes les autorités organisatrices de l'accueil du jeune enfant à compter du 1er janvier 2025. C'est un changement de fond : la petite enfance n'est plus une compétence facultative que chaque mairie exerce comme elle l'entend, c'est un service public dont la commune répond.

Le deuxième étage de la fusée est entré en vigueur au 1er janvier 2026 : les communes de plus de 10 000 habitants, ou leurs groupements, doivent disposer d'un relais petite enfance. L'État accompagne financièrement cette obligation, avec des crédits répartis par arrêté entre les communes concernées selon le nombre de naissances et leur potentiel financier.

Ce qu'est un relais petite enfance, concrètement

Un lieu, une équipe, souvent une seule animatrice, rattachés à la commune ou à l'intercommunalité. Le RPE remplit deux missions au minimum : informer les familles sur les modes d'accueil disponibles et faciliter la mise en relation, et informer et accompagner les professionnels de l'accueil individuel tout au long de leur carrière.

Ce n'est ni une crèche, ni un service de la PMI, ni un employeur. Cette confusion explique une bonne partie de la méfiance : beaucoup d'assistantes maternelles évitent le RPE en croyant qu'il est le bras armé du contrôle. Il ne l'est pas.

Ce qu'un parent peut y demander

  • La liste des assistantes maternelles agréées du secteur, avec les disponibilités connues
  • Une explication du statut de particulier employeur, avant de signer quoi que ce soit
  • De l'aide sur le contrat de travail, le calcul de la mensualisation, les indemnités
  • Une information sur le CMG et les démarches à faire auprès de la caisse
  • Un tiers neutre quand la relation avec la professionnelle se tend

Ce dernier point est le plus sous-utilisé. Un désaccord sur des heures ou des congés dégénère souvent parce que les deux parties sont seules face à un texte qu'elles lisent différemment. Une animatrice de RPE lit la convention collective toute la journée.

Ce qu'une assistante maternelle peut y demander

  • Un appui sur vos contrats, vos avenants et vos calculs de fin de contrat
  • Des ateliers d'éveil, qui sortent les enfants du domicile et vous sortent de l'isolement
  • De l'information sur la formation continue et l'évolution professionnelle
  • Un accompagnement au moment du renouvellement d'agrément
  • Un lieu où d'autres professionnelles vivent la même semaine que vous

Ce que le RPE ne fait pas : il ne vous trouve pas un contrat, il ne recrute pas à votre place, il ne tranche pas un litige et il n'a aucun pouvoir de contrainte sur un employeur. Y aller en attendant qu'il règle le problème mène à la déception. Y aller pour être mieux armée avant de le régler soi-même, c'est autre chose.

Le sujet dont personne ne veut parler

Rendre les relais obligatoires est une bonne mesure. Elle ne règle pas le problème de fond, et je préfère le dire clairement : plus de la moitié des assistants maternels en exercice partiront à la retraite dans les prochaines années, et les entrées dans le métier ne compensent pas les départs.

Pour un parent, ça veut dire chercher plus tôt qu'il y a cinq ans, parfois dès le début de la grossesse, et accepter d'élargir le périmètre géographique. Pour une professionnelle, ça veut dire que le rapport de force n'est plus du tout ce qu'il était : dans beaucoup de territoires, les familles cherchent et ne trouvent pas.

Une animatrice de relais ne remplacera pas les professionnelles qui manquent. Mais elle sait, elle, qui accueille quoi et qui a une place en septembre. C'est une information que vous ne trouverez pas seul.

Comment trouver le vôtre

Le service national d'information des familles recense les relais et les places d'accueil, et votre mairie vous donnera l'adresse en une minute. Si vous êtes en train de chercher une professionnelle, la page trouver une assistante maternelle vous aide à cadrer la recherche avant d'appeler.

Ce que je ferais à votre place

  1. Cherchez le relais dont dépend votre commune, même si vous habitez un village rattaché à une intercommunalité.
  2. Parent : passez-y avant de signer votre premier contrat, pas après le premier désaccord.
  3. Assistante maternelle : passez-y au moins une fois par an, en particulier l'année de votre renouvellement d'agrément.
  4. Notez le nom et le mail de l'animatrice, c'est le contact le plus utile de votre dossier.
  5. En cas de tension sur un contrat, proposez le RPE comme tiers avant que la situation ne se durcisse.

asma s'occupe de la partie contrat, planning et bulletins. Le relais, lui, s'occupe de ce qu'aucun logiciel ne fait : mettre en face de vous quelqu'un qui connaît le terrain de votre commune.

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